18 février 2007

Le Congrès du 14 janvier vu par un jeune étudiant aixois

medium_Soiree_a_la_maison_18_03_035.jpgJe dois d’emblée avouer qu’il s’est agi pour moi non pas d’une journée de 24 heures mais de 48 ! ! ! En effet tout a commencé le samedi 13 janvier au soir à Aix-en-Provence où nous nous sommes retrouvés entre membres PACA de l’ANANS, dont nos deux charmantes coordinatrices régionales, autour d’une table à Capri la Suite , agréable restaurant italien au décor de style pompéien fort bienvenu... Ayant fait le pari avec d’autres jeunes sarkozystes de sortir toute la nuit et d’enchaîner avec le TGV qui partait à 5h40 pour Paris Gare de Lyon, je me suis finalement comme à mon habitude retrouvé seul à relever le défi de la nuit blanche… Cette nuit je crois que je m’en souviendrai longtemps : la perspective d’assister au sacre de Nicolas Sarkozy, ce nouvel homme fort dont la France a besoin, me rendait assez euphorique… Après un passage mémorable à l’Estello, nouveau bar-lounge branché en bas du Cours Mirabeau, le temps de prendre une douche, de me changer, et hop me voilà au Mistral, rendez-vous phare des nuits aixoises, adulé par les Aixois mais détesté des autres

L’heure c’est l’heure… mais pas tant que ça : il a fallu que je me débrouille pour rater la navette devant m’amener à la gare d’Aix TGV ! ! ! Heureusement que le 118 218 et les taxis existent… Arrivé à la gare en pleine forme, c’est avec énergie et dynamisme que je me suis complètement endormi une fois assis dans le train… Une fois arrivés, c’est avec impatience et fébrilité que nous avons traversé Paris en métro pour arriver jusqu’à la Porte de Versailles : l’ensemble de la troupe avait un peu des airs de défilé olympique, avec les régions françaises à la place des pays du monde. C’était comme des supporters venus soutenir une équipe de foot à l’occasion d’un match important, sauf que là nous venions soutenir un homme seul, le soutenir dans un combat qu’il ne mène contre personne mais pour la France et les Français… A mon entrée dans le salon, devant l’immensité de la salle et de la foule réunie, je me suis senti un peu perdu, intimidé par les écrans géants montrant de grands ténors de la politique française prononcer leur discours de soutien à Nicolas Sarkozy : des ténors présents dans cette même salle mais qu’on pouvait difficilement voir directement. J’étais heureux et fier de mon parti politique lorsque j’ai vu tant d’éminents personnages rassemblés au-delà de leurs différences et de leurs clivages personnels, tous unis dans leur soutien pour un seul homme…

Les discours des uns et des autres ont finalement tous été à leur image : MAM a insisté sur les valeurs du gaullisme qu’elle entendait défendre et mettre pleinement à contribution au service de Nicolas Sarkozy. J’ai bien ri à l’écoute du discours de Jean-Pierre Raffarin, qui nous a dévoilé un secret totalement inconnu de tous : nous avons appris que nous avions tous voté Nicolas Sarkozy lors des primaires ! ! ! J’ai été heureux de retrouver Alain Juppé, qui a exprimé non sans émotion sa joie de retrouver les militants d’un parti dont il a été le premier président, et dont le soutien lui a été si cher lors des périodes difficiles qu’il a traversées… Mais au fond, malgré le respect que tous ces personnages nous inspiraient, je crois que l’ensemble des participants n’attendait qu’une seule chose : l’entrée en scène de Nicolas Sarkozy…

Unique candidat dans cette élection interne, président de l’UMP triomphalement élu il y a 2 ans, puissant ministre de l’Intérieur, personnage charismatique absolument incontournable de la scène politique française depuis 5 ans, au franc-parler salutaire, Nicolas Sarkozy se devait en ce jour de rassembler au-delà de ses partisans fidèles : il devait par son discours créer un élan dynamique à partir de l’officialisation de sa candidature, il devait conforter ses amis, s’ouvrir aux ralliés de la dernière heure et enfin s’ouvrir à la France toute entière. Eh bien c’est ce qu’il a su faire comme jamais d’autres ne l’auraient fait… Le ton fut d’emblée rassembleur, j’ose dire gaulliste, avec cette évocation de grandes figures de l’histoire de France récente : une émotion à la hauteur de l’enjeu, un ton à la hauteur de cette émotion, une larme a presque coulé sur mon visage lorsqu’a été évoquée la mémoire de Jacques Chaban-Delmas, gaulliste moderne et finalement précurseur avec sa Nouvelle société de la rupture souhaitée par Nicolas Sarkozy. Mais il s’agissait cependant de ne pas sonner dans le vide, ni d’instrumentaliser des références historiques ou des concepts consensuels pour masquer un vide de contenu : c’est pourquoi le cœur du discours de notre candidat a retrouvé une tonalité toute sarkozyste, expliquant que c’était au noms de ces valeurs et idéaux proclamés auparavant qu’il fallait agir et prendre des mesures concrètes… Pas de polygamie, on se lève quand le professeur entre en classe, pas de casquette sur la tête pendant les cours, pas d’assistanat envers les gens qui ne s’aident pas eux-mêmes : autant d’idées pouvant bousculer voire choque et qui restent donc bien la marque de fabrique de Nicolas Sarkozy… 

C’est à ce moment-là que plus que jamais je me suis senti fier d’être Français, fier de ma famille politique de mes idées de mon parcours… Le congrès aurait pu durer plus longtemps, j’aurais été encore là, j’étais même déçu de le quitter comme ça, tout de suite, à la fin du discours du Grand Nicolas : pourquoi ne pas avoir prolongé les festivités par une soirée animée par Bob Sinclar? Le hall 1 du Salon me faisait penser à une discothèque géante d’Ibiza où il n’aurait plus manqué que David Guetta dedans… Sauf que finalement la vedette n’y était pas un DG mais un homme qui a su tenir une foule en haleine en lui parlant et non en faisant tourner des disques sur une table de mixage… Après tout on aura évité la caricature des critiques qui auraient dénoncé un « scandaleux show à l’américaine… »

Je crois ainsi que cette journée m’a fait retenir l’enseignement suivant : si Nicolas Sarkozy a dit lui-même qu’il avait changé, il s’agit sans doute d’un changement incité par la dimension nouvelle qu’il vient d’acquérir en tant que candidat à la présidence de la République. Il ne s’agit pas d’une trahison de tout ce qui a fait sa force par le passé, Sarkozy ne renie rien, il garde les expériences positives et négatives en mémoire, et comme il l’explique souvent c’est bien souvent ses échecs qui l’ont fait progresser au point d’en arriver là où il est aujourd’hui et là où on espère qu’il sera demain…

 Guillaume Selli

Etudiant à l’IEP d’Aix

 

 

 

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